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Le choix de la profession de journaliste m’est venu à l’issue d’un long séjour à Belfast. A l’époque, l’Irlande du Nord est en proie à une guerre civile. Ces mois passés sur place dans les années 1980 et 1990 me permettent de découvrir à quel point une situation politique tendue (ségrégation, partis extrêmement opposés les uns aux autres etc.) peut paralyser et torturer une société entière.
Mon entrée dans la presse coïncide avec le début et le pire de la guerre civile en Algérie : les années 1990. Tout comme le conflit irlandais, cette crise peut sembler très éloignée des préoccupations du citoyen français dans son jus. Là est, à mon sens, un véritable danger. Le modèle de société à la française est en péril. Les catégories de citoyens se méfient les unes des autres. Si l’épouvantail à la mode est dorénavant le communautarisme, celui-ci mérite d’être décliné à toutes ses sauces. Le communautarisme le plus dangereux, aujourd’hui, est celui qui pousse à se méfier –et surtout à ostraciser- une personne issue d’un autre quartier, d’une autre école. Et ceux qui ont le moins les moyens de communautariser, ce sont les quartiers dits sensibles. Or, dans ces territoires, une tendance à l’isolement est de plus en plus forte. Leurs populations sont souvent persuadées que le reste du monde (en l’occurrence, les compatriotes qui les cernent) leur est de plus en plus hostile.
Là, nous ne sommes pas en Irlande du Nord ou en Algérie, mais dans la France des années 2010. Voilà comment je résumerais vingt ans de constat journalistique.
Lakhdar BELAID
Licence Anglais
Institut universitaire de journalisme de Bordeaux
Journaliste
Institut universitaire de journalisme de Bordeaux
Journaliste
Le choix de la profession de journaliste m’est venu à l’issue d’un long séjour à Belfast. A l’époque, l’Irlande du Nord est en proie à une guerre civile. Ces mois passés sur place dans les années 1980 et 1990 me permettent de découvrir à quel point une situation politique tendue (ségrégation, partis extrêmement opposés les uns aux autres etc.) peut paralyser et torturer une société entière.
Mon entrée dans la presse coïncide avec le début et le pire de la guerre civile en Algérie : les années 1990. Tout comme le conflit irlandais, cette crise peut sembler très éloignée des préoccupations du citoyen français dans son jus. Là est, à mon sens, un véritable danger. Le modèle de société à la française est en péril. Les catégories de citoyens se méfient les unes des autres. Si l’épouvantail à la mode est dorénavant le communautarisme, celui-ci mérite d’être décliné à toutes ses sauces. Le communautarisme le plus dangereux, aujourd’hui, est celui qui pousse à se méfier –et surtout à ostraciser- une personne issue d’un autre quartier, d’une autre école. Et ceux qui ont le moins les moyens de communautariser, ce sont les quartiers dits sensibles. Or, dans ces territoires, une tendance à l’isolement est de plus en plus forte. Leurs populations sont souvent persuadées que le reste du monde (en l’occurrence, les compatriotes qui les cernent) leur est de plus en plus hostile.
Là, nous ne sommes pas en Irlande du Nord ou en Algérie, mais dans la France des années 2010. Voilà comment je résumerais vingt ans de constat journalistique.
